Parenthèse d'une entrepreneure : et si on arrêtait de culpabiliser de se donner les moyens ?

by - décembre 09, 2019




C'est marrant comme les articles "Parenthèse d'une entrepreneure" ne sont jamais prévisibles pour moi. Je prévois beaucoup d'idées de sujets pour ce blog, mais ces articles là sont toujours faits sur le coup, suite à une discussion récente.

Et en ce moment j'ai une phrase qui me revient souvent aux oreilles : "T'as trop de chance !"

Alors... Oui et non.




D'abord, je vais croiser un peu deux sujets en un : le sentiment d'illégitimité et la culpabilité.



J'avoue que pour certaines choses qui se passent côté professionnel, j'ai encore beaucoup de mal à réaliser et à accepter tous les retours positifs et bienveillants que je reçois au quotidien.
J'ai toujours cette impression de ne pas "mériter" tout ça (sentiment d'illégitimité) et de ne rien faire d'extraordinaire par rapport à d'autres (bonjour la petite dernière qui rejoint le cercle : la comparaison !).

Donc quand, à chaud, on me dit "t'as de la chance" je me dis "oui c'est vrai, tout ça c'est de la chance. D'ailleurs profites-en ma fille, ça risque de ne pas durer".
Et puis après... Quand le commentaire retombe dans ma tête... Je me dis que non, ce n'est pas de la chance : j'ai bossé pour tout ça ! Je m'en donne les moyens ! Et ce n'est que le début, je compte bien encore continuer pour aller beaucoup plus loin !

Et mettons à part le côté de l'illégitimité qu'ont un grand nombre d'entrepreneurs qui débutent (dont je fais partie), une des nombreuses raisons pour lesquelles je me suis mise à mon compte c'est également car je voulais avoir le bénéfice de mes efforts.


Donc pourquoi j'oublie cette raison très importante ? Pourquoi on a tellement de mal à accepter les compliments dans notre société ? Et pire, pourquoi on culpabilise de se donner les moyens ?


Pourquoi je ne dis pas tout simplement : "Merci mais tu sais ce n'est pas de la chance, je fais des actions tous les jours pour obtenir ce que je veux ! Parfois ces actions ne fonctionnent pas, mais en général ça fonctionne". Je pense que c'est parce que sinon je passerai pour quelqu'un avec un énorme égo et que c'est mal vu. Enfin c'est ce que je crois... (ha une nouvelle recrue a rejoint le cercle : la croyance limitante).




Je vous explique maintenant le côté culpabilité : une autre des raisons qui font que j'ai voulu me mettre à mon compte était de pouvoir gérer entièrement et librement mon emploi du temps !
Et aujourd'hui on m'a dit : "Tu gères bien tes horaires" et j'ai rigolé car je n'ai AUCUNE horaire !

Je travaille de chez moi, ça fait des mois que je n'ai pas mis un réveil pour me lever le matin. J'ai des proches qui me taquinent d'ailleurs souvent sur mon côté "pas d'horaire" (je me dis qu'ils sont juste jaloux...). Mais c'est ce que j'ai voulu et je m'en suis donné les moyens ! J'ai quitté un CDI stable, avec salaire fixe tous les mois, pour me mettre à mon compte dans un métier pas stable.

J'aime vivre comme ça et je pallie justement cette "non rigueur" dans les horaires par une extrême rigueur dans mon organisation. Et si je n'ai pas de rendez-vous prévu et que j'ai besoin de dormir plus un matin parce que je ne me sens pas en forme, et bien je le fais ! Et le reste de la journée est plus productive que si je m'étais dit que je devais absolument me lever à 7h pile ce matin là. Mon cadre/style de vie me permet de le faire, alors bien sûr que j'en profite ! Je serai maso de ne pas le faire !


Et surtout le principal c'est qu'à la fin de la journée ou de la semaine, les objectifs sont atteints, les tâches sont faites, les projets sont rendus, les mails envoyés, les articles rédigés (avec un mois d'avance minimum).

Et petite chose que je ne montre pas : il m'arrive de travailler très tard le soir et parfois même très tôt le matin quand j'ai mes périodes d'insomnie. Oui oui, il m'est arrivé de travailler sur un projet client à 4h du matin et de n'envoyer mon mail (préparé à 4h), qu'à 9h pour ne pas passer pour une folle.



C'est comme récemment, on m'a dit "T'as trop de chance" quand je suis partie 5 jours à Rome alors que je n'avais pas pris de vraies vacances depuis 1 an, loin de mon ordi, et plus de 2 jours d'affilées.

Mais en quoi mes vacances seraient différentes des vacances des salariés ? Je bosse pour pouvoir m'offrir mes vacances, je n'ai plus les X semaines imposées par un patron, j'en oublie même les périodes scolaires (et les jours fériés n'en parlons même pas...). L'avantage c'est que je peux être flexible dans mes dates !

Et derrière, je me suis organisée pour que tous les projets soient envoyés avant de partir et toutes les publications programmées.

Bref, tout ce que j'ai trouvé à dire suite à ce "T'as trop de chance" c'est "Oui je sais". Il faut vraiment que je/qu'on arrête de culpabiliser pour se donner les moyens et d'obtenir le résultat de nos efforts.





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